Il y avait ce parfum. mon parfum.

Mon parfum, en fait, n’a pour ainsi dire jamais ”existé”. Je le portais alors que dans les couloirs de L’Oréal, on faisait ce qu’on appelait des tests couloirs. On m’avait filé cette fiole d’amour, pour que je donne mes impressions. ça me bouleversait à chaque ouverture. Je le portais sans cesse. Comme un foulard de soie qui te court après. Même quand tu marches. Un sillage qui s’emmêle dans ton cou, tes cheveux. Un truc de maboule qui me faisait tomber sur mon propre chemin. Une émotion. Je l’aimais tant. Il n’était qu’à l’état d’étude que c’était mon parfum. Tout le monde me reconnait avec. Bref, c’était mon parfum.

Un jour, mon copain qui à l’époque s’occupait du lancement, m’a dit : “le projet est arrêté, je suis désolé”. Le jus est alors passé ailleurs, il a été adapté, transformé. à la marge dirait-on mais suffisamment pour créer une distance entre lui et moi. Mon parfum a juste cessé d’exister.

Et moi, j’ai continué ma vie sans lui. Et sans aucun autre. “les plus beaux paradis sont ceux que l’on perd” disait Yves Saint Laurent en parlant de sa marque. à mon échelle, c’était un peu ça. J’en essayais, tentais des trucs mais ça n’allait jamais, ou ma peau ne les aimait pas.

5-6 ans plus, je choppe une entrée pour une braderie Comme des Garçons. et là, je tombe sur CoffeeWood. Une réaction qui m’en a rappelé une autre. Le parfum n’était pas le même mais je “sentais” cette même émotion. Singulière, sensuelle, noble, contrastée. Evidemment, ce parfum n’existe plus, et du coup, je le mets avec parcimonie, comme pour me préparer. Mon rituel parfum a du coup changé. Comme beaucoup de femmes, j’alterne. J’ai fait d’autres trouvailles, des merveilles aussi. On en reparlera. A chaque fois que je les “prends”, mon coeur fait “aaaaah”.

C’est tellement beau, un parfum que l’on aime. Et vous, avez-vous trouvé votre paradis?

Le nom de ce post est emprunté au site de l’incroyable Betony Vernon