d’habitude j’ai toujours plein de choses à dire pour accompagner, réceptionner, développer encore l’émotion que me procurent mes vidéos. mais là, vraiment j’ai que les yeux pour pleurer. il n’y a rien à dire. et en même temps, je peux pas arrêter le post comme ça. faut vous faire atterrir, prolonger les choses…

alors je vais juste vous raconter comment ça s’est passé. parce que moi, j’avais pas prévu. j’avais pas compris.

quand j’ai rencontré Valérie (encore merci pour tous vos commentaires hier), juste avant que nous finissions notre affaire, elle me dit : “bon, je suis coquine, mais avec tout ce que vous faîtes là, ça vous donne pas des idées, Philocalie? ça vous dirait pas de faire quelque chose?” je suis rentrée chez moi, je l’ai lu et lui ai envoyé une courte liste d’auteurs que je voulais filmer en train de lire leur propres textes. nous n’avions qu’une semaine, même pas, pour le faire. bref, mon idée était super, c’est sûre, mais enfin, elle était surtout super compliquée. je lui ai alors dit “c’est pas grave s’il n’y a qu’une seule personne de libre, il faut juste que ce soit Mikhail Rudy”. Personne n’était dispo. Mais lundi, je reçois un mail. Mikhail a un créneau mardi à 14h, et puis c’est tout. je défonce mon agenda et saisis ma chance. un deuxième mail “le Palais de Tokyo a donné son autorisation, on vous attend là-bas”

honnêtement, je vois pas bien le rapport, mais je me dis :”… super!”

j’arrive et le Palais et bah, il est fermé. bah oui, on est mardi. je comprends pas. et puis Mikhail arrive, si doux: “ça va ma chemise violette, j’en ai amenée une bleue si vous voulez. – non, non, vous êtes parfait”
là on déambule dans l’exposition, fermée donc, de Philippe Pareno qui a occupé les 22 000m2 du musée pour Anywhere, Anywhere Out of the World. 2 personnes du musée nous amènent dans un immense espace. et puis s’en vont.

nous voilà au milieu d’une installation monumentale, grise, noire et blanche, ponctuée de 2 chaises rouges, et d’un piano.

“alors on fait quoi?
- j’aimerais que vous me lisiez votre texte, et peut être si vous le voulez bien, j’aimerais vous filmer en train de jouer… un morceau de 3-4 minutes, cela vous serait il possible?”
Mikhail a commencé à jouer, une nocturne de Chopin, et puis je sais pas, il a préféré continuer, avec Orphée et Eurydice de Gluck, puis ce Wagner, qu’il a choisi pour accompagner son texte, et enfin, une partie de Petruschka de Stravinsky.

Petruschka, c’est la raison pour laquelle Mikhail était au Palais de Tokyo. la retranscription qu’il en a faite, permet aux automates qui peuplent l’exposition de Parreno de jouer sans lui en continue. il était à 14h au Palais de Tokyo pour répéter le concert qu’il va donner de manière exceptionnelle ce soir à 20h, lors de la nocturne ouverte au public. j’y serai. et d’ici là, je me pose la question de vous poster les rushs bruts des autres morceaux qu’il m’a joués. qu’en pensez vous?

Depuis mardi, je suis totalement habitée par cette rencontre. je n’ai jamais eu aussi envie, aussi peur de monter ma vidéo. comment oser couper dans une soie si vibrante, si précieuse, si… virtuose?! merci Mikhail pour ce moment inoubliable qui m’a fait approcher la musique comme jamais dans ma vie.

et des torrents de baisers à vous tous.