Oversize Cat’s Eyes pour Bourjois avec FRED, et LEA

Hello les… chatons, j’ai mille réflexions dont j’aimerais vous faire part, mais j’ai aussi l’envie là de… continuer. de vous faire partager des choses légères. en résumé, de bosser dur pour créer des bulles!

bref, avec Fred on vient de réaliser une série de 4 vidéos pour Bourjois. lui à la coiffure, moi à la couleur. le principe était de s’inviter chez l’une d’entre vous et de la transformer, ou juste de la conseiller, ou juste de se marrer. Fred, ayant déjà posté la vidéo la semaine dernière, certaines d’entre vous la connaissent déjà et je voulais donc y ajouter le complément que voici : le but de ce makeup est d’obtenir un résultat hyper graphique… CAPICE?

Du coup, ce que je mets en valeur, c’est la forme que prends le noir… CAPICE? cette forme d’ailleurs me suis depuis très longtemps, on avait vu mon tutoriel Rocky Cat’s Eyes (ainsi que le maquillage réalisé pour Pénélope). donc, la forme peut changer, parfois une amande pleine, parfois, une amande plus ronde ou plus étirée, parfois une amande toute ondulante comme ici. La question qui s’est posée sur Léa était d’adapter cette forme à celle de… son oeil. je m’explique.

suivant la rondeur, le tombant, le remontant de l’oeil et surtout la taille de la forme noire, il peut y avoir une “non conformité”, non pas que l’oeil n’est pas conforme (VOTRE OEIL EST TOUJOURS LE PLUS BEAU DU MONDE, OKAY?!) mais que la forme en tant que telle n’est pas adaptée. c’est comme de faire rentrer des ronds dans des carrés, soit le carré est très grand et absorbe le rond, soit, ben ça dépasse. Si l’on cherche à encadrer absolument l’oeil de la forme noire, on est alors obligé de déformer la forme. comme dit mon prof de danse, tout peut se faire, et si ça vous plait, alors, go MAIS… si vous sentez que ça n’est pas le cas, c’est peut être parce que la forme n’est pas respectée, elle est partie dans le wild là. j’opterai donc plutôt pour ça.

si ça dépasse, si votre oeil dépasse de la forme, beh, faites dépasser les chéries, on s’en fout, ça n’est pas parce que la forme n’est pas totalement tracée qu’elle n’est pas réellement évoquée. c’est même encore plus fort, plus subtile, de le faire ainsi. CAPICE?

J’espère que la vidéo vous a plu, et que ce petit cours de makeup aussi. la règle fondamentale, étant de se respecter et de s’amuser… CAPICE?

mille mille bises depuis London! xoxo

Golden Resistance


Encore merci pour tous vos messages, votre intelligence, votre ouverture, votre détermination. Et tout et tout!
Alors, et oui, on le sait toutes, face à l’adversité, revenir à des petits rituels participe à vous sécuriser. on a besoin de beauté, de la poser sur soi, au plus près de soi, comme un luxe à la fois simple et tellement nécessaire.

et puis… vous n’y aviez jamais pensé à ça : pailleter ceux que vous aimez! depuis une semaine, mes yeux ressemblent à 2 petits coussins poudrés de lumière libre. ça en fout partout ET C’EST TRES BIEN COMME CA! je vais t’en foutre partout de l’espoir moi!

allez, je vous souhaite un très très beau weekend. PRENEZ SOIN DE VOUS!!!!!!

Chassol – Music is God My Love

vert (noir, blanc et rouge) : il est Charlie

je tente comme vous de reprendre le boulot sans trouver ça trop sot, et puis je tombe sur la couv. du Charlie. Commence alors machinalement un décryptage coloriel et laïque de cette couv. historique que je me propose de partager ici.

Le vert, le vert, aujourd’hui, on l’aime tous. car le vert, c’est tout simplement la chlorophylle, indeed, couleur de la nature vivante, énergétique (ça transforme la lumière en énergie chimique tout de même) et embrassante (les pâturages, les forêts, tout ça… c’est grand! ça nous dépasse). Le vert symbolisant la nature transpercée de lumière, quoi de plus simple finalement, mais derrière cette nature, émergent conceptuellement les notions d’espoir, celui de la repousse, éternelle et perpétuelle, sans doute, celui d’un nouvel ordre écologique bien sûr, celui du tout possible (on met un feu vert?)(allez, go gO GoOOO Charlie!), celui des premiers romantiques échevelés (mouvement artistique très très lié à la nature), mais tsss… je me perds. En tout cas, c’est parce que la nature est verte que le prophète Mahomet l’aurait désignée comme sa favorite. dès lors, les paradis merveilleux, décrits dans le Coran (enfin c’est ce qu’on dit, je l’ai pas lu) sont verdoyants et le vert devient couleur de l’Islam.

le vert, c’est beau, ok mais comme je vous le dis à chaque fois, chaque couleur à sa face A et sa face B, son côté vertueux, son côté névrotique. alors, ici le vert, couleur de la nature donc, est aussi la couleur de la nature qui sort de ses gongs : les monstres sont verts, le slime est vert, comme Hulk, tu deviens vert, de rage, t’as un sale teint vert quand tu es malade à en crever, Molière était vêtu de vert quand la mort l’a chopé et ça c’est vraiment pas de chance.

oscillant entre nature et contre-nature, espoir infini et colère dévorante, voilà pour le spectre symbolique du vert. Et formellement, ça se passe comment?

le vert a, d’un point de vue factuel, un niveau de clarté médian, c’est à dire que si tu en fais une photocopie noir et blanc, l’échantillon gris que tu obtiens se trouve pile poil entre le noir et le blanc justement. ni clair, ni foncé, il se déploie donc à merveille sur l’un comme sur l’autre, (contrairement au jaune qui est clair et va s’amalgamer au blanc par exemple). ça se fait d’autant mieux lorsque blanc et noir (2 autres couleurs fondamentales de la culture islamique) prennent leur forme les plus “naturelles” : l’aplat pour le blanc, la ligne pour le noir (ça se lit noir sur blanc). l’autre couleur fondamentale à être de clarté moyenne, c’est la rouge, dont on a déjà parlé, qui n’a pas de valeur symbolique semble t il ici (ni dans la religion musulmane) mais qui a formellement toute sa raison d’être : 1/ enlevez la banderole rouge et on se fait chier (… si!)(enfin c’est moins bien), 2/ cela permet d’augmenter l’impact visuel du message qui se pose dessus car le rouge est la première couleur que l’oeil repère.

Bref, Charlie, c’est le sans faute coloriel là! sans faute, oui, sauf que…

“du vert, du vert, n’utilisez jamais de vert dans vos tableaux… faites comme Goya, prenez du gris, on comprendra très bien que c’est un arbre. le vert… ça bouffe tout!” nous disait notre prof de peinture aux Arts Déco.  Et oui, c’est vrai que le vert, ça mange tout visuellement, ce serait picturalement parlant, la dissonance incarnée. et puis vous le savez le vert, souvent, ça donne un teint de rien. c’est donc dur, très dur à porter, mais tsss… je m’égare.

en même temps, parfois c’est moche de chercher à faire quelque chose de… beau (vaste sujet, on y reviendra), c’eut été inapproprié de faire du Goya là non? c’eut été un nom sens d’utiliser du gris pour cette couv histoire de pas heurter le regard, car pourquoi pas être dissonant, si on le fait avec verdeur et… tendresse. le vert est tendre, sur cette couv. il est dissonant mais tendre, j’en suis sûre.

et puis, le vert, ce vert surtout, je le vois aussi comme celui de l’écran devant lequel on fait jouer un acteur “hors cadre” pour une scène irréaliste, c’est un vert tellement pas naturel pour le coup, qu’il permet le mieux de détourer le bonhomme en post-prod. il ne reste alors qu’à inventer un nouveau décor… on revient à l’idée d’espoir. Que peut on espérer, imaginer défiler derrière le Mahomet de Luz? je n’ai pu choper aucune déclaration officielle sur le sujet, si ce n’est “démerdez-vous avec ça!”.

République, j’arrive!

il est 1h43 et je ne dors toujours pas.

ce que c’était beau. ce que c’était bon. grand. la foule était compacte, bienveillante, presque douce. les larmes me montaient à chaque vague d’applaudissements. il y avait tellement de monde, que je ne suis jamais arrivée à République! quelle joie et quelle fierté. on était tous ensemble, ensemble. c’était massif, mais surtout c’était… possible!

les jours précédents ont été abominables. ma fille me faisait des câlins et des dessins “plain de bisous” pour m’apaiser (faut que je l’aide en orthographe semblerait-il). je ne pouvais pas tenir de conversation. autour de moi, on avait la nausée, on ne pouvait rien avaler, on ne dormait pas bien, on se réveillait avec les yeux anormalement gonflés. les corps parlent. pour ma part j’ai des bleus partout de tomber sans cesse, de me cogner. la perte de repères sans doute, le vertige : en France, des Français tuent d’autres Français parce qu’ils dessinent, sont juifs ou flics? ah non, ça passe pas. comme vous, j’ai été abasourdie d’entendre des récits d’enfants “ils auraient pû n’en tuer qu’un, douze, c’est trop”. comme une lame qui m’aurait fendue en deux.

nous avons marché hier, et ce que la France était belle comme ça. nous étions là pour pleurer nos morts ensemble, pour prendre soin de nous dans cette foule incroyable, pour dire aux autres, pour nous dire qu’on n’avait pas peur. nous sommes debout, nous avons des valeurs. nous sortons les défendre. pour construire aussi un avenir, je me suis dit qu’il fallait continuer. je me suis dit que je portais aussi une responsabilité. que toutes ces années, “jusque là tout va bien” comme ils disaient dans la Haine, toutes ces années, je n’ai pas voulu voir les dangers qui aujourd’hui nous pètent à la gueule. que je dois faire mon examen de conscience. j’ai regardé, comme vous tous énormément de vidéos, dont voici les plus marquantes.

> Robert Badinter sur France Inter

> Philippe Val qui vient de perdre tous ses amis

> Jeannette Bougrab en colère

> l’Imam de Drancy 

> Brigitte Gabriel sur Benghazi (sa réponse à partir de 4’07)

tout ça me fait réfléchir. je ne sais encore quoi penser mais ça avance.

et puis, je suis fille d’immigrés, la France a donné une chance à ma famille, j’ai bénéficié d’une scolarité, je n’ai pas connu la guerre, j’ai une police qui me protège. il faut que je rende. ces événements malheureux m’ont fait prendre conscience de mon manque de conscience justement. J’y ai compris le sens des mots liberté, égalité, mais aussi fraternité. et je vais chercher activement une manière de me rendre utile pour les autres, pour ceux qui en ont besoin et pour mon pays. ça va passer par des choses simples, du soutien scolaire par exemple, ou réaliser des vidéos avec les gamins, j’en sais rien, mais je dois faire quelque chose. chacun peut être utile.

je pensais pas dire ça un jour, mais : Vive la République!