Playful by Lisa Roze

Timai Lisa's Playful Photography

 

Vous vous souvenez de ces photos prises avec la photographe Lisa Roze? ici. eh bien, 2 ans plus tard, Lisa m’a recontactée pour une nouvelle pose. cette fois ci, elle présente une expo et des objets imprimés, comme le tees que je porte. ça s’appelle Lisa’s Playful Photography. c’est tellement doux l’univers de Lisa. doux et malicieux : pendant la séance, elle voyageait en riant sans cesse, entre ses 3 appareils photos; dont 2 pola que je ne saurais dater (anciens, très anciens). je m’aime bien sur cette photo. on voit pas bien mais j’ai les yeux very pailletés. à la fin, Audrey, la maquilleuse m’a dit “viens que je te démaquille” j’ai dit non bien sûr. comme Lisa, ça me plait bien de pailleter mon environnement!

si ça vous dit de voir d’autres paires d’yeux vous regarder encore, venez demain ou dimanche à la boutique éphémère, dans le 3e. toutes les infos ici.

je poste peu en ce moment. il y a un grand projet qui se prépare et je vais avoir besoin de vous. merci d’être toujours là, merci pour tous vos commentaires aussi. si riches, si bienveillants, si encourageants! big kisses! des étoiles et des coeurs aussi! mouah!

Marie Gillain : Venus Intimate

Mais quel cadeau! Quel cadeau! Marie Gillain m’a laissé carte blanche pour la filmer, en ajoutant “je n’ai pas demandé à l’équipe mais je pense que ça ne posera pas de problème”. en effet, j’ai trouvé derrière les coulisses, une sorte de petite famille bienveillante. je pensais filmer Marie dans sa préparation uniquement mais finalement, ça plaisait à tout le monde que je puisse rester en coulisses pendant toute la durée de la pièce. et qu’il s’agisse de Nicolas Briançon, son partenaire sur scène, Jérémie Lippmann, le metteur en scène, de toutes les personnes travaillant au théâtre, tout le monde, pendant toute la soirée, tout le monde y allait de son chuchotement “pssst, viens par ici, tu vas voir, c’est sympa… attention on ne voit pas la marche!”

j’ai été touchée par l’intensité de Marie. hyper nature en arrivant, dans son jean et sweat zippé, pas maquillée, pas coiffée, puis se transformant petit à petit en déesse rock de l’amour. Son énergie aussi juste que débordante sur scène, passant de la femme sage en grand robe blanche à la dominatrice déjantée en porte jarretelle et bustier noirs, dégotés chez cadole. j’ai été touchée par l’accueil de Jérémie, si doux aussi avec ses acteurs (les petits mots là, chaque soir, c’est pas croyable ce truc!). la reconnaissance et le respect qu’ils ont l’ un pour l’ autre. en allant boire un coup après la représentation, Marie m’a raconté que lors de lors premières séances de répétition, alors qu’elle se sentait encore pas mal “rouillée”, Jérémie s’était montré très encourageant à son égard “vas-y Marie, t’en as plus dans le ventre là, tu peux y aller!”. aujourd’hui, beh ça dérouille bien du coup! et moi, de faire comme partie de l’équipe le temps d’une soirée, ça m’a totalement transportée.

pour ceux qui se posent la question, j’ai aussi vu la Vénus à la Fourrure de Polanski. les ambiances, les incarnations, les mises en scène sont très différentes. si bien que certains l’un, pas l’autre, inversement, la plupart, dont je fais partie, aime les deux Vénus, la première plus lugubre, plus libidineuse, la seconde jouant sur plus de facettes, de décalages (par exemple, on y rit beaucoup alors que le film m’avait glacé). C’est d’une folie époustouflante!

j’espère que la vidéo vous a plu. le pièce cartonne à Paris au Théâtre Tristan Bernard, depuis 6 mois (par ici pour les dernières résa) et s’arrête le 18 avril avant de reprendre pour une tournée en France dès la rentrée prochaine. courrez-y! go, Go, GOoooOOOooO!

un grand merci à Marie et à toute l’équipe, à Nicolas Voulzy et Charles Souchon aussi pour l’utilisation de leur musique, composée en clin d’oeil au morceau Venus in Furs des Velvet Underground, qui a donné son nom à la pièce.

mille mille bises!!!!

 

EDIT // LA VENUS VIENT DE RECEVOIR 3 NOMINATIONS AUX MOLIERES / MEILLEURE ACTRICE, MEILLEUR ACTEUR ET MEILLEURE PIECE. BRAVOOOOO!!!!

Bouziane : le corps salvateur

 

Je suis tellement mais tellement émue! Bouziane, et moi nous sommes rencontrés il y a un an et demi. Je le trouvais fripouille avec son chapeau et son accent de Tarbes et n’ai découvert son travail, si profond, si beau, si politiquement engagé, je ne l’ai découvert qu’en mai dernier pour son spectacle Altérité. Je l’avais d’ailleurs filmé à cette occasion, en même temps que Jann (vous vous souvenez d’elle?) mais n’ai jamais pu monter cette vidéo.

Bouziane à l’époque, bien avant les attentats donc, me parlait déjà de sa prochaine pièce “tu voudras bien me filmer encore?” Les images que vous voyez ont été filmées en décembre dernier, lors d’une présentation de Réversible faites aux professionnels.

Je suis très émue quand je repense à ce moment, parce qu’en regardant Bouziane danser, j’ai tout de suite compris, au delà du propos plus universel sur l’oppression corporelle et psychologique, j’ai tout de suite compris la genèse plus personnel de son message. C’était incroyablement beau et douloureux en même temps, ce corps qui par delà les mots “me” parlait…
Je suis émue aussi en repensant à notre interview filmée. Elle a duré près d’une heure en vérité (Qu’il me pardonne de l’avoir autant coupé!). Il m’a raconté un milliard de choses, mais je voyais, je sentais “ça”, cette chose la précisément, ça ne sortait pas. Les mots lui manquait… Alors je lui ai dit “si tu as envie de nous raconter autre chose, tu peux aussi m’envoyer un enregistrement complémentaire”… ce qu’il a fait. et ce qui s’entend d’ailleurs parfois dans la vidéo du fait des qualités différentes de son.

Que tout cela se soit passé avant les attentats de janvier m’interroge. Je le précise car cela décolle son propos et son combat du drame qui est arrivé ensuite. D’une certaine manière, ça le rend plus pur. En même temps, le fait qu’il le maintienne, alors que tant de spectacles jugés “sensibles” ont été annulés, force mon admiration. La liberté peut être si belle lorsqu’elle vous délivre à ce point de la peur.

Dans sa quête, dans sa transformation, Bouziane m’inspire un respect et un courage immenses, que peu d’artistes, peu de personnes sont capables d’incarner.

Merci du fond du cœur!

ps : Bouziane revient du Maroc où son spectacle a rencontré un grand succès. 2 représentations sont programmées à Tarbes, 10 autres pour le festival d’Avignon. et j’espère qu’on le verra très vite à Paris. longue vie à Réversible!

20 ANS // Mai Hua

Vous connaissez désormais la règle, retrouver une photo de soi, à 20ans et décrire les impressions éprouvées lors de cette rencontre avec ce “je”, alors qu’il était un autre. c’est donc à mon tour de m’y coller.

 

A vrai dire, l’idée de cette rubrique est partiellement née après la découverte de cette photo. Car quelques jours plus tard, Fred me dit “tu sais quoi je viens aussi de découvrir une photo de mes 20 ans. et j’ai chialé!” Vous connaissez la suite.

je pensais faire un unique post groupé avec Fred et puis j’ai repensé à l’itw “enfance” de Lise sur Tendances de Mode, et me suis lancée comme elle dans une recherche plus poussée. J’espère que ça va durer longtemps avec d’autres visages et témoignages encore.

Me concernant, j’étais en train de trier des papiers, assise par terre, derrière un buffet. j’avais dû le déplacer partiellement pour ouvrir un placard-archivage de la sous-pente. D’une certaine manière, j’étais déjà dans un espace me confinant dans une direction obscure et inconnue. Je cherchais évidemment tout autre chose quand j’ai vu cette enveloppe en Kraft. En l’ouvrant je découvre 4 photos imprimées dans un grand format A4 de papier cartonné. C’est grand pour une impression photo, pour autant, le jet d’encre est très approximatif (on voit d’ailleurs le tramage) et j’imagine mon oncle qui a l’époque prenait encore des photos, mettre tout son cœur à imprimer ces images malgré les faibles moyens techniques dont il dispose. et ça m’émeut. A vrai dire j’avais déjà vu ces photos, il y a 15 ans peut être, mais je m’en foutais. C’était pour lui, pour ma mère que je les avais faites.

Je porte, en plus de ma longue chevelure et du trait de khôl emprunté à ma mère, une robe de chez Dries Van Noten car j’avais fait un stage chez lui.
Un peu comme Fred, ce qui m’a sauté aux yeux, pardonnez moi cette phrase profondément choquante, ce qui m’a sauté aux yeux c’est ma beauté. Bordel de merde, ce que j’étais belle! Et en même temps je sais pas comment vous le dire mais ce sentiment de beaute s’est accompagné d’un profond chagrin.

Une sorte de “mais qu’est ce que j’ai fait de toutes ces années?!”

C’est vrai quoi, j’étais tellement, tellement heureuse. de bonnes etudes, un grand amour, j’étais promise à une belle carrière, j’étais oui profondément heureuse… Tout était impec’ sur le papier. je dirais que tout était “objectivement” impec. Et je crois d’ailleurs que la beauté de nos 20ans, c’est justement une beauté objectivable, y compris dans le sens primaire de l’objectif du photographe. On peut la prendre pour objet (d’étude, d’attention, d’amour même…).

Et contrairement à Fred, pour le coup, et là pardonnez-moi cette 2e phrase choquante, je me suis toujours trouvée belle. Depuis toute petite, les gens disaient que j’étais belle alors ça m’arrangeait bien de les croire. Je vivais, je m’en rends compte dans le regard des autres. ma nécessité interne comme dirait Chassol, était de plaire, d’être au diapason avec ce qu’on attendait de moi. j’y parvenais parfaitement donc tout roulait parfaitement ainsi.
Quelques semaines après pourtant, je quittais celui avec lequel je voulais me marier, je commençais un boulot plein d’avenir et le quittais quelques années plus tard. bref, tout ce bonheur “simple”, tracé, “sur le papier”, tout ce monde de certitudes s’est écroulé.

 

ça s’est écroulé tout simplement parce que ça n’était pas mon monde. De manière très inconsciente, être performante dans le regard des autres ne m’intéressait plus. non que je renie quoique ce soit ou que ce que je pouvais ressentir à l’époque ne soit pas véritable, mais le monde psychique dans lequel tout cela s’inscrivait était celui… de l’enfance. Eh oui : pourquoi vouloir performer “objectivement” si ce n’est pour être aimé “objectivement” de Papa, Maman? (NB1 : mon père est prof)(NB2 : mes parents sont viets). Le temps était donc venu de sortir de cet âge. Et c’est comme ça. Ce chagrin que j’ai ressenti c’était un peu celui du paradis perdu. non que je sois malheureuse aujourd’hui, au contraire, mais ce passage à l’âge adulte m’a menée sur un chemin tout autre, infiniment plus complexe, infiniment plus beau aussi (putain, quel cauchemar d’être aimé juste parce qu’on est performant!) sur lequel j’ai fait tellement d’erreur, sur lequel j’ai tellement erré justement, mais sur lequel je me suis trouvée. ça me noue de l’écrire.

je crois que ma plus belle réussite, en dehors de mes mômes, il s’entend, je n’ai jamais rien fait de mieux, c’est qu’aujourd’hui, me semble-t-il, pardonnez cette fois-ci mon émotion, c’est qu’aujourd’hui, je me trouve “subjectivement” belle. il m’aura fallu 20 ans, pour me sentir véritablement un sujet, non plus un simple objet, de ma propre vie.

mille baisers à tous