Joie

J’ai reçu de nombreux (5) commentaires sur fb, instagram, ici-même, remettant en question le pourquoi de ma venue à Tel Aviv, alors même que des choses si cruelles se passent à ses portes. Je comprends tout à fait que certaines personnes, du fait de leur histoire personnelle, de leur sensibilité ne puissent plus dissocier une réalité d’une autre. Mon père, ancien activiste communiste et bouddhiste n’ira jamais aux Etats Unis. Je pense cela dit qu’il n’y a pas de limite “en soi”. mon père ne me parle pas de l’agent orange quand je lui montre mes photos de New York. et s’il le faisait, je lui dirais que je suis désolée mais qu’en même temps ça lui appartient.

Ces réactions m’ont beaucoup touchées. même si elles ne constituent pas la majorité, et je vous en remercie. Cela dit, elles m’ont fait réfléchir et j’aimerais vous parler plus largement de ma démarche: pourquoi je blogge?

plus j’y pense et plus la réponse pourrait se résumer à : parce que.

il n’y a pas de réponse simple. Quand François Chen introduit ses 5 Réflexions sur la Beauté, il se pose un peu la même question : comment passer du temps à réfléchir sur la beauté alors le monde est si violent, triste, et monstrueux. il en conclut que c’est pour lui une forme de résistance. Parler de la beauté comme d’une forme d’ espoir. rire, parler d’inspiration, de couleur, ne veut pas dire que l’on oublie ce qui est en dehors du blog, et qui se trouve largement dépeint dans mille autres supports, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de profondeur ni de chagrin, ni d’indignation, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de coeur.

Je ne cherche pas à décrire le monde d’aujourd’hui, ni même à vous parler de ma vie en général. Je vous parle de beauté, je vous partage mes émotions, et non d’autres choses parce que… je ne sais faire que ça.

Et au fond, pourquoi je blogge? parce que j’ai quelque chose à exprimer; quelque chose d’important, qui malgré tout, malgré tout ce qu’il peut se passer tout autour de nous, et en dehors d’ici, quelque chose que je ressens là quelque part, et toujours : ma joie.

je vous embrasse, mais tellement!

EDIT / merci pour vos commentaires. restez calmes et aimantes oki? et pour vous aider, je viens de trouver cette autre photo que mon ami Renaud a prise de moi sur la plage. May Joy be with you…

Tel Aviv : colors of my journey (1/2)

Fred cet hiver “je repars à Tel Aviv”, moi “je viens!”. Tout le monde décrit cette ville comme un New York en bord de mer. je m’attendais à quelque chose d’assez balnéaire, d’assez sensuel, ce qui n’est pas faux, mais j’ai surtout ressenti quelque chose de doux et … d’hirsute. Un ami me disait c’est bizarre dès que je veux prendre une jolie photo, il y a toujours un détail moche qui foire tout! eh bien moi, j’ai adoré ça. tellement de choses pas maîtrisées du tout. des bâtiments en ruine, des grues géantes partout, des vélos, des arbres invraisemblables, des radis géants… niveau couleurs, mes premiers jours là bas n’ont pas été fructueux en trouvailles. trop de stress ramené de Paris. Je n’y voyais rien et puis… c’est venu.

shades of desert from Masada

la mer morte était hypnotisante. l’eau tellement lourde. nos peaux comme huilées. et ce reflet rose à l’horizon…

vert et bleu pâle. frontière à peine perceptible.

lilac on grey shadowed ground and red cornerstone

béton gris, vieux rose rouillé, terre de sienne balafré de ciel, ocre carrelé

spices between two white-shirted men

les roses de chez Puaa dans le vieux Jaffa, avec un bout de bras

amas de bruns embrassant Fred

cascade de fuchsia sur ciel bleu

pfff

au marché de Tel Aviv

irruption rouge

green, green and some others

la mer, le ciel et un peu de sable

on se retrouve vite pour la suite, prise à l’iPhone cette fois ci. je vous embrasse très fort.

Shalom

me voilà pour quelques jours à Tel Aviv. Mon prof de peinture me disait : “quand que je suis allé en Israël, la lumière était si forte et si blanche que je ne voyais plus les couleurs.”

mille baisers.

Timai pour Mercadal Vintage

L’autre jour Ines-Olympe me laisse un message : ça te dirait de me maquiller une paire de chaussures?
J’avais tellement envie et en même temps… tellement pas d’idées! hahaha

Je suis passée à l’Atelier Mercadal Vintage et elle m’a tendu cette paire d’escarpins dorés. En rentrant à la maison, j’ai retrouvé Patrick pour qu’il me filme et je lui ai dit “mais qu’est ce que je vais faire, ché pas quoi faire”

j’étais semble t il tétanisée alors j’ai sorti tout mon makeup. les rouges, les roses, les bleus, les liners, les crayons, les pinceaux… TOUT! et puis, tant qu’à maquiller une chaussure, je lui ai fait une bouche. un côté surréaliste à la Schiaparelli qui me plaisait bien. cette première bouche, elle était… compliquée, des mélanges dans tous les sens. rhooooo, compliquée! j’étais encore un peu qué-blo, alors je ne me suis pas laissée abattre et j’ai tenté d’en faire une autre, puis une troisième…

toutes les 10 minutes, je disais à Patrick “encore une, j’ai bientôt fini”. Enfin, il restait toute une chaussure à faire. alors, je me suis dit : des yeux. un mix d’Issey Miyake et de Murakami. j’ai qu’à faire des yeux! hahaha. alors sachez que vous pouvez refaire ça chez vous mais optez d’avantage pour des textures intransférables. les poudres sont fixées au fixatif à dessin.

alors ça vous plaît?!